mercredi 12 juin 2013

121 - La caverne aseptisée des passoires explosives


Modestement à travers quelques centaines de textes http://izarralune.blogspot.com/ j'ai embrassé de près ou de loin tous les aspects du monde -des choses comme des hommes- dans toutes les directions imaginables, du gouffre le plus bas au sommet le plus glorieux, de l'anodin au sublime, de la bête au divin, du simple caillou à qui j'ai donné la parole jusqu'aux feux galactiques que j'ai fait taire devant un battement d'aile.

Sur le plan du palpable je suis parti du microcosme pour me hisser jusqu'au macrocosme, sans omettre de poser mon regard à hauteur des boutons de chemise de mes semblables. Du point de vue des choses de l'esprit j'ai exploré les vices les plus baroques autant que les vertus les moins partagées, je suis allé sonder les petits ruisseaux mentaux de mes frères humains mais aussi les fleuves nocturnes de mes chats énigmatiques.Je suis allé chercher le feu olympien à droite et à gauche, m'attardant à l'occasion sur mes doigts de pieds.

J'ai fait tout un fromage de vos mesquineries de mortels, une montagne de mots des fumées de ce monde, un pâté de sable de vos trésors.J'ai abordé de près ou de loin tous les thèmes : l'amour, la laideur, la solitude, la vie, la mort, les fraises des bois, les rêves, les cauchemars, l'excrément, la lumière, le houblon, la pourriture, l'encens, l'insignifiance, le grain de sable, les poubelles de mon voisin, les relents gastriques de Jules César, l'encre de Chine, le plaisir, le vinaigre, la douleur, la mer...

Tout, absolument tout ce que contient notre pauvre monde et même au-delà a été intégré à mes textes.J'ai embrassé l'Univers d'un regard à la fois grave et loufoque, limpide et fulgurant, lucide et léger, aérien et "enclumier" : celui de ma plume.A travers ce blog je vous invite à faire un tour relativement rapide de l'humanité et de l'Univers, de prendre la mesure de tout ce qui existe et n'existe pas en quelques centaines de textes futiles et mémorables, éloquents et sarcastiques, répugnants et délectables, pleins de grains de sel et de justesse.

Raphaël Zacharie de IZARRA

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120 - L'alambic dans la gorge


Les mots piégés

Je monte à la Lune. Le disque tourne, devient potiche céleste, se laisse encenser puis ensemencer avant de disparaître dans les nues en friches. Dès maintenant tout est possible. Nous pénétrons sur les terres floues et fantasques de la langue qui s'écrit avec des arabesques. Les mots sonnent, les cloches de phrases en phrases s'alimentent : je dis que tout naît, tandis que la Lune s'élève et qu'un pot de fleur s'écrase sur ma tête.

Je monte d'un cran. Les mots ont l'éclat de l'imposture. Un feu plein d'azur éblouit le profane. Ces mots qui sont de brillants mensonges, je les lustre à la Lune, les cire à la semelle et un peu de vent s'en mêle. Là, tout devient solennel. Texte éculé qui trompe papillons, pachydermes et même statues ! Défense d'y voir clair sous peine de plomber les ailes d'airain ! Le zèle est en zinc, le marbre est de bois, la coupe est pleine.

Je monte à la mer. Le voile s'épaissit mais les sots y voient une voile qui file au gré de l'onde. Mâts démontés ? Mots d'antan ? Qu'importe ! Vagues démonstrations dans les brumes du langage qui arrangent bien les choses... Je laisse libre cours à l'écume de l'ignorance. Je fais le beau, on m'applaudit. Ma plume avec brio raille, les laudateurs me disent bravo ! Je me moque de ceux qui me glorifient.

Mais cessons déjà le jeu...

Mes amis, ne gobez pas tout ce qui brille sans en jauger de près l'éclat. Les mots peuvent être des pièges subtils qui n'ont d'autre but que de noyer les naïfs dans une jolie fumée. Méfiez-vous surtout des mots solennels qui sonnent comme des barriques. Le vrai poète use avec parcimonie des artifices et consens à dire simplement toute chose à portée de coeur. Le mirliton ajoute des cordes à son luth, l'inspiré est plus arcadien. L'un est verbeux, l'autre verveux.

Amis, ne croyez jamais ces poètes qui vous racontent des sornettes belles comme des oriflammes.

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119 - La Vierge sylvestre


Aux abords d'une forêt sarthoise que longe une route communale, gît une antique chapelle ouverte à tous vents, abandonnée, minée par le temps et les éléments. A l'intérieur trône une Vierge parmi des immondices. En pleine décrépitude, rempli d'humus, les murs couverts de moisissures, le sol jonché de squelettes d'animaux, l'humble édifice de pierres et de bois pourri agonise depuis des lustres au bord de la route.

Il y a quelques jours en passant pour la millième fois devant cette chapelle que j'avais fini par ne plus voir, je fus pris d'une subite curiosité. Attiré par ce temple que la désolation avait rendu finalement charmant, je m'approchai. Histoire de jeter un oeil compatissant sur les trésors dérisoires que devait receler cet autel devenu antre des oiseaux de nuit, de m'attarder avec mélancolie sur les riens qui, j'en étais persuadé, peuplaient délicieusement cette demeure vide... Occupation innocente de promeneur.

Je vis une Vierge de plâtre peinte dans la position traditionnelle de prière, étreignant un chapelet devant sa poitrine. Naïve, sans goût ni attrait particulier, cette Vierge qu'embaumaient des effluves de champignons et de bois mort ne présentait à vrai dire nul intérêt, et finalement je trouvai ce lieu parfaitement anodin. J'étais sur le point de m'éloigner : pas de quoi m'attendrir sur des bagatelles aussi misérables. Cependant...

Cependant une force invisible me retenait immobile devant la statue.

La Vierge en lambeaux parut tressaillir sous mon regard, confusément. Une flamme ardente émana progressivement du visage de plâtre peint. La flamme très vite devint un feu ardent, terrible, violent. Je n'eus guère le temps de m'étonner ni de me laisser gagner par l'effroi. Les immondices disparurent, je ne vis plus que cette Lumière. En moi, une paix infinie.

La statue me fixait, elle me fixait, me sondait, m'interrogeait avec une indescriptible douceur et il me sembla avoir en face de moi une montagne écrasante d'amour. Sous son aspect piteux, abandonnée de tous, la Vierge de plâtre venait d'être réanimée par le seul regard d'un mortel et se manifestait au monde avec éclat, au bord d'une route perdue de campagne... Miracle à l'ombre d'une forêt communale, dans la plus grande simplicité. Témoin et acteur du prodige, qui étais-je donc pour porter un si glorieux fardeau ? Un passant peut-être un peu plus pieux que les autres... Qu'en sais-je ? Toujours est-il que j'ai vu.

Ce monde contemporain assoiffé de jouissances matérielles, ingrat, a voué à l'oubli et à l'offense les plus chers témoignages de piété édifiés par ses ancêtres, et voilà qu'ils se sont rappelés à lui au détour d'une banale route de campagne, et avec quelle fulgurance !

Dans cette chapelle en ruine la Lumière à travers moi s'est manifestée, j'en porte à jamais les stigmates : désormais je chérirai la pierre, le bois et le plâtre que dans les siècles passés nos parents ont bénis.

Aussi que l'on me permette, surtout auprès des incrédules et des ventres pleins, de témoigner de l'indicible Lumière d'en haut, car je le répète, dans la petite chapelle abandonnée, j'ai vu.

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http://www.dailymotion.com/video/xrkrug_la-vierge-sylvestre-raphael-zacharie-de-izarra_news

118 - La vieille chouette


J'habite en face du cimetière avec vue sur tous mes anciens voisins et pis l'Eustache qu'avait fait les tranchées. On m'appelle "la vieille chouette" dans le village. On dirait que ça gêne certains que je soye toujours vaillante quand d'autres y sont à mordre la racine à six pieds en d'ssous terre... C'est pas à quatre-vingt-quatorze ans que je vais déménager de ma maison ! Si y en a que ça contrarie, on verra qui c'est qu'aura le dernier mot, vu que j'habite en face du cimetière pour ceux qu'auraient pas compris.

Depuis ma fenêtre j'ai assisté à toutes les entérailles ! Ca fait plus de cinquante ans que ça dure, pis je peux vous dire que c'est pas prêt de s'arrêter de sitôt. Pour ça, le temps m'a toujours donné raison. Des curés, j'en ai vu : des gros, des maigres, des riches, des miséreux, des cocus, des mollassons, des brillants, des pas jolis à voir... Y sont tous à sucer le pissenlit par la patte à l'heure qu'il est. C'est pas pour rien que j'habite en face du cimetière : je les ai tous enterrés.

Quand ça sera à mon tour d'aller sonner la cloche au Diable, y aura pas queue pour mon cortège. Qu'est-ce que vous voulez que ça me fasse ? C'est quand même pas les invités qui vont aller mourir à ma place, non ? Moi je dis que ce qui compte, c'est d'avoir toujours la tête haute, même quand on est allongé la tête en bas. J'ai ma fierté. Quand je passerai de l'autre côté, personne pourra dire que j'aurai manqué de hauteur avant de descendre dans le trou. Déjà rien que le corbillard, y'en aura pas vu que j'habite en face du cimetière. On m'enterrera à dos d'hommes. De ma fenêtre je domine les trépassés, alors vous pensez bien que de la hauteur, j'en ai jamais manqué. C'est pas pour flancher au dernier moment.

Depuis mon nid de chouette j'en ai vu des choses. Et des pas toujours belles. Comme quand l'Albertine elle a fait main basse sur les fleurs de la tombe de l'Eugène un jour de nuit sans lune... Je l'ai bien vue moi ! Pis quand la grosse Gertrude elle a fait venir le bedeau pour le déniaiser derrière le caveau de famille, vous croyez que ça m'a échappé ? Vu que j'habite en face du cimetière, je fais que ça de regarder ce qui s'y passe, alors vous pensez comme je connais tous ses hôtes ! De drôles d'oiseaux ! Ha ! J'en aurais encore des choses à dire sur les événements du cimetière ! Je pourrais tenir un journal. D'ailleurs j'en tiens un. A ma mort, croyez-moi ça va faire du bruit dans le village. C'est pas pour rien qu'on m'appelle "la vieille chouette". On m'enterrera seule, je me fais pas d'idée là-dessus. C'est pas ça qui me fera flancher. Depuis ma fenêtre, personne pour me tenir la planche.

Raide je serai. Seule. Mais la tête haute, jusqu'au bout.

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http://www.dailymotion.com/video/xrj2zy_la-vieille-chouette-raphael-zacharie-de-izarra_news

117 - La vieille


La vieille n'avait pas de nom, pour tous c'était une ombre.

Depuis une éternité on la voyait passer au coin de la rue, ou plutôt on ne la voyait plus. Avec son dos cassé, sa face blanche, ses doigts comme des crabes elle faisait partie du cadre. La vieillarde se confondait avec les lézardes des murs qu'elle rasait.

Pour tous, elle avait toujours été âgée. Approchant les cent ans, elle avait vu patauger dans leurs couches la moitié des gens qui l'entouraient.

Il est vrai que quand un septuagénaire nous voit naître et qu'il devient centenaire, nous grandissons avec un arbre qui semble avoir toujours été ridé... Du berceau à la force de l'âge, nous ne voyons chez lui que des cheveux gris.

Enfin, ce spectre familier ne semblait pas avoir vraiment eu d'histoire. De plus en plus pâle, constamment courbé, jamais gai, qui aurait pris la peine de l'écouter ? On l'appelait "la vieille" et on lui prêtait une existence de fantôme. Et pourtant... Cette chose affreuse avait aimé, autrefois. De son vrai nom Bertrande, "la vieille" avait traversé le siècle presque à l'insu de ses contemporains, repliée sur son chagrin.

Son secret, son grand, terrible secret d'amour se résumait à une humble et bien banale tragédie : elle avait perdu son fiancé dans les tranchées de la "14".

Il s'appelait Lucien mais peu importe. Mort depuis 80 ans. Devenu stèle lointaine, statue radieuse et diamant noir tout à la fois dans l'âme trop pure de l'éplorée... Une vraie lumière dans son coeur. Enfouie sous le silence, les pleurs et les rides.

Le souvenir de Lucien l'avait tenue en vie depuis tout ce temps. Ou peut-être plus morte que vive.

C'était ça son jardin secret à la "vieille". C'était Lucien.

Lucien l'anonyme. Son amour, son joyau, ses larmes, son trésor, son drame de "vieille" qui passait silencieuse au coin de la rue.

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116 - La vendeuse de muguet


Avec sa mine pâle, sa claudication disgracieuse, son air abattu et ses habits tristes, la demi mendiante me héla avec une infinie maladresse tandis que je traversais la rue pour me rendre à la boulangerie.

J'avais oublié que nous étions le 1er mai... Accoutumé à vivre loin de la plèbe et de ses moeurs odieuses, je me sentais parfaitement étranger à son univers imbécile et vulgaire. Et lorsque de temps à autre me parvenaient les clameurs populaires (depuis les banales manifestations syndicales de rues jusqu'aux expressions de joies crapuleuses des bals du 14 juillet), non sans une réelle satisfaction je prenais conscience de la hauteur séparant ma tour d'ivoire de ce monde misérable.

Son mauvais muguet à la main, la pauvresse insistait péniblement, sollicitant en vain ma générosité d'oisif avaricieux.

Avec irritation j'expliquai brièvement à la gueuse qu'en aucun cas je ne comptais dépenser quelques pièces pour un méchant brin de muguet dont je n'avais que faire et que de toute façon j'avais besoin de mes sous pour acheter mes pâtisseries du matin à la boulangerie située juste derrière son stand, enfin que toute sa personne avec ses allures d'indigente m'indisposait au possible.

Pressé d'aller acheter mes gâteaux, je laissai l'importune à ses illusions de piécettes.

En sortant de la boulangerie, les mains chargées de trésors de raffinements au beurre frais et au sucre glacé, je croisai de nouveau la saltimbanque qui, jalouse à la vue de mon gros paquet de pâtisseries, se fit suppliante.

Excédé par les manigances grotesques de cette espèce d'analphabète cherchant à se faire apitoyer, j'arrachai rageusement son muguet des mains pour le lui jeter au visage ! Enfin je n'omis pas de la bénir d'un crachat d'aristocrate bien placé entre les deux yeux, qu'elle avait bruns (une roumaine sans doute), avant de m'éloigner avec morgue jusqu'au sommet de mon domicile inaccessible à la gueusaille.

Qu'il est triste ce monde où les beaux sires de mon espèce, une fois l'an se font agresser dans la rue par de vilaines vendeuses de muguet...

Je rêve d'une société plus juste, fraternelle et sans hypocrisie où les seigneurs seraient mieux respectés des va-nu-pieds. On réclame sans cesse la compassion à l'égard des pauvres mais jamais on ne parle d'honorer les sybarites pour ce qu'ils sont... Eux qui ont l'heur d'avoir les mains lisses et l'esprit éclatant mériteraient donc le mépris de la part des pauvres gens aux mains calleuses ? Et en vertu de quel principe souverain ?

Est-ce donc cela qu'on appelle le sens de la justice ?

115 - LA TOILE, TISSU DES ÂMES


Il est instructif de constater ce que certains font de leurs dix doigts et de leur cerveau selon les outils mis à leur portée.

Un marteau pour les uns sera l’instrument de leur chef-d’oeuvre, pour les autres il servira à détruire.

De même l’accès à INTERNET pour les seconds sera également l’accès à la guerre, pour les premiers la toile représentera le support de leur meilleures intentions.

J’observe avec attention ce que des humains font avec l’outil informatique, les oeuvres étant révélatrices des âmes.

Il y a ceux qui ne font qu’injurier, menacer, provoquer, agresser, etc. Une assez grande partie des utilisateurs du NET, malheureusement. Et puis il y les autres, des esprits sains ayant compris la puissance créatrice et bénéfique que l’on pouvait tirer d’un simple clavier...

Jamais un accessoire à fonction sociale et à usage universel n’aura comme INTERNET aussi bien dévoilé les personnalités.

Certes le marteau comme dans l’exemple cité plus haut peut également trahir la lumière ou l’obscurité d’une âme à travers l’usage qu'il en sera fait, sauf que de par la simplicité de cet outil sommaire on pourra toujours faire illusion, les possibilités d’expression étant limitées. 

Ainsi pour caricaturer, avec un marteau le génie façonnera une statue, le vandale la brisera. Mais ce matériel archaïque ne laissera pas apparaître les nuances comportementales entre ces deux extrêmes.

Tandis que de par sa sophistication, sa subtilité, sa très grande marge de manoeuvre le NET à un moment donné fait ressortir la vérité profonde de son utilisateur.

Jamais dans l’histoire humaine un vêtement n’aura épousé d’aussi près la peau de son porteur.

INTERNET est le miroir exact non pas de l’image publique ou privée que chacun veut se donner mais de son âme profonde.

Dans la vie dite “réelle”, l’insulteur ne se montre pas nécessairement, il n’agresse pas toujours verbalement son prochain.

Sur le NET, il se découvre insulteur.

De même un simple mécanicien automobile peut se découvrir sur le NET une âme de bienfaiteur universel, d’artiste, de sauveur du monde, d’écrivain, de cinéaste ou de bonne soeur !

Le NET ne montre pas forcément ce qui est affiché sur la place publique de la part de ses usagers mais ce qui est dans LEUR TÊTE, et c’est cela qui est révolutionnaire.

La toile de par sa portée égocentrico-planétaire exacerbe les esprits, les coeurs, les tendances, les vertus comme les passions, les vices comme les rigueurs.

C’est par ses oeuvres que l’homme montre son vrai visage.

Par conséquent, étudions-les non pas dans la rue mais sur la toile, c’est à dire dans cet espace "spirituel" enfin observable, tangible, mesurable...

Bref, dans ce laboratoire où évoluent les âmes.

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114 - La tendresse


La tendresse, ce ne sont pas ces niaiseries si souvent évoquées.

La tendresse, la vraie, la mâle, virile, mûre tendresse, c'est la gifle hautaine du sybarite contre la joue de la gueuse sur qui dans un magnifique élan de charité mêlée de pitié il daigne se pencher, loin des us mièvres qu'adoptent les âmes amollies.

La gifle du dandy réveille l'indigente qui la reçoit, elle sonne comme l'airain dans l'air frais du matin, claque comme un drapeau après la bataille, vivifie le sang, cingle le coeur léthargique. C'est un grand honneur pour une femelle que d'être méprisée avec tendresse par un seigneur. C'est une grande élévation pour le seigneur que de condescendre à abaisser le regard sur la misère (l'état de féminilité étant en lui-même une misère, une déchéance naturelle), de la rudoyer pour mieux s'en repaître quand, ainsi malmenée, elle prend conscience de sa petitesse, pitoyable.

Le maître, lorsque l'objet de ses attentions se fait soudain vermine, étend sa dextre magnanime jusqu'à la joue déchue et frappe, anéantissant d'un seul revers de la main toute prétention à la fierté, à l'amour propre, qui serait une offense au principe-même de tendresse.

Car la vraie tendresse c'est le renoncement de l'être faible face à son seigneur et maître, la totale soumission à sa cause. La tendresse, c'est l'abandon sans artifice de celle qui s'y adonne. Abandon de la déshéritée à son mâle souverain.

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113 - La stigmatisée


Une fois par semaine elle se tordait de douleur au pied de la croix dans des cris hystériques tout en baisant passionnément son chapelet.

Ses convulsions pieuses pétrifiaient l’assistance étouffée de respect, de plus en plus nombreuse au fil des mois.

Des croix de sang apparaissaient sur son front, ses mains, ses pieds.

Les hosties posées par le prêtre tremblant sur ses blessures miraculeuses semblaient soulager sa sainte douleur.

Ces scènes se répétaient tous les vendredis dans l’église bondée de curieux et de fervents chrétiens. Des femmes surtout, la plupart en larmes.

L’élue christique mourut fort bêtement d’une banale chute de sa modeste hauteur (1 mètre 50) en marchant sur ses lacets défaits et eut droit à un enterrement de papesse.

Après ses funérailles on découvrit chez elle des produits chimiques cachés au fond d’un placard, pas n’importe lesquels : entre autres, de la soude caustique, bien connue des illusionnistes pour faire apparaître des marques à retardement sur la peau, du chlorure de fer, du cyanure de potassium, matières réactives incolores, indétectables, ayant relativement les mêmes effets : faire naître des traces rouges, créer spontanément des plaies sur le corps selon les formes voulues, prédéfinies en coulisse... Toutes ces substances agissant sur la peau de manière parfaitement naturelle et rationnelle à la manière d’une encre sympathique, mais avec des lettres sanglantes.

Celle que l’on pensait vierge et chaste dévoila encore posthumément une collection d’amants, en réalité des prostitués chèrement payés avec l’argent des dons obtenus en exhibant au prix fort ses cicatrices “surnaturelles”.

Les âmes bernées par les spectacles grotesques de la défunte “stigmatisée”, des femmes essentiellement, encore et toujours des femmes, crurent enfin beaucoup plus à la puissance des réactions chimiques alliée à la corruption de certains esprits femelles qu’aux prétendues manifestations extraordinaires à caractère religieux...

Et surtout, à la faiblesse de l’esprit féminin, c’est à dire le leur, décidément bien sot et infiniment crédule.

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mardi 11 juin 2013

112 - La sous-préfète et le dandy


Madame de la Haute-Tricourt traînait le pas dans la rue Victor Hugo de Sillé-le-Guillaume, bourgade sarthoise de "saboteux" et autres gardes-vaches grasseyants. Son sous-préfet d'époux, naïf fonctionnaire de l'Etat bedonnant et impuissant notoire, pendant ce temps s'entretenait de météorologie locale avec le garde-chasse qu'il avait invité à sa table, attendu que la torpeur de ce dimanche de juin incitait les plus ineptes mollesses à ces personnalités médiocres.

L'épouse, lasse d'écouter ces bêtises avait quitté la table bien avant le dessert, préférant prendre l'air, s'alléger le coeur de rêveries, s'enivrer l'âme d'exquises langueurs plutôt que d'attendre le pudding. Précisons que la sous-préfète était une femme d'esprit à la beauté sans égale. Que faisait-elle avec ce pesant boeuf de vingt ans de plus qu'elle et de dix fois moins de valeur ? Nul ne semblait se poser la question dans cette cité d'ivrognes, d'épiciers affairés et d'âmes épaisses... Bref, la sous-préfète promenait sa silhouette lascive dans la rue Victor Hugo de Sillé-le Guillaume, disions nous...

C'est dans ces circonstances que je la rencontrai.

Elle remarqua aussitôt mon allure aristocratique, mes traits subtils, mes moustaches fines contrastant avec les faces bovines aux regards d'abrutis de la gueusaille locale.

Nos regards se croisèrent. Nous nous comprîmes.

Je la suivis jusque sous le porche de l'église, trouvant asile sous un angle propice de l'édifice, protégés des regards par une végétation touffue. Là, la libertine se comporta en femme conquérante, exigeante et impériale. Je dus faire appel aux ressources insoupçonnées de ma virilité âprement mise à l'épreuve pour ne point blesser son exceptionnelle beauté, décevoir les espérances de sa féminité inassouvie.

Son âme vouée aux flammes d'Éros se réveillait sous mon étreinte. Après des années d'une sinistre léthargie... Ma vigueur remarquable lui inspirait les caprices les plus baroques. Son imagination vive, ses désirs brûlants, son caractère impérieux constituaient autant d'épreuves à surmonter. La débauchée agissait en guerrière. Non sans quelque peine, je fus à la hauteur des hostilités.

Plus tard dans l'après-midi la sous-préfète, rêveuse, la chair apaisée, le coeur atteint par une cause suprême rejoignit son cochon d'époux qui était encore à discuter avec le garde-chasse, sa mine rougeaude ayant viré au rouge vif sous l'effet des liqueurs.

Sa conversation avec son hôte botté -et tout aussi imbibé que lui-tournait à présent autour du prochain remplacement du chef de gare de la ville.


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111 - La rose a piqué l'étoile verte

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110 - La religion, joujou d'un mortel ennui


Je ne suis nullement athée, au contraire. C’est parce que je crois définitivement en un Dieu beaucoup plus lumineux qu’on le prétend que je raille les religions si étriquées.

La religion est l'ennemie des vrais mystiques.

Quoi de plus emmerdant que la religion ?

Chrétiens, ,juifs, musulmans, polythéistes, adeptes de clubs cultuels de toutes sortes, tous schizophrènes !

Rien que des serviteurs d’une même cause : la chiantitude universelle.

Comme si le pape ne déféquait jamais sous son pontificat, que les juifs orthodoxes n’avaient aucun désir sexuel sous leur barbe-masque ou que chez les fidèles de Mahomet il n’y avait nul sodomite...

Tous constipés, castrés, figés dans leurs certitudes glacées, rigidifiés dans leurs postures rigoureuses.

Avec en prime leurs sales têtes d’enterrement à faire peur aux oiseaux...

Même nos moines français, je les trouve très chiants.

J’aimerais mieux que l’on place des clowns au Vatican, des vrais, au lieu de ces sinistres eunuques blancs comme la mort, aussi tristes.que des cercueils sur pattes avec leurs gueules de vieux chnoques déglingués.

Barbus, vêtus de robes, le front chargé de signes sacrés, la tête rehaussée de quelque ridicule couvre-chef et parlant des langues anciennes pleines de fumées recyclées, les grands prêtres des causes célestes ne sont que des grands gamins. Des galopins qui jouent aux adultes : faire caca dans la tête des crédules plutôt que dans leurs couches.

Avec leur gravité pileuse, leur austérité sépulcrale et leurs milliers de colifichets, ces ombres solennelles chutent considérablement dans l’estime des professionnels du cirque qui eux, héroïquement, tentent de contrer leurs méfaits.

Remplaçons ces criminels incompétents par d’authentiques rigolos et le monde se portera mieux ! Ca rigolerait quand même plus sous les étoiles !

Les religieux ne sont que des créateurs de doctes singeries polluant les esprits. Ils n’arrêtent pas d’emmerder les gens en les convaincant d’adopter depuis des générations des rituels de crétins immatures du niveau mental d’enfants de quatre ans !

Pour que je les prenne vraiment au sérieux, il faudrait qu’ils ne le soient plus.

VIVE RAPHAËL ZACHARIE DE IZARRA, VÉRITABLE ESPRIT LIBRE SEUL APTE Á DÉCULOTTER PUBLIQUEMENT CES CHAROGNARDS DE L'ÂME QUE SONT LES RELIGIEUX ÉTRIQUÉS ! 

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109 - La religion des porcs


Ils parlent avec gravité de l’entreprise qui les emploie, sont prêts à se battre comme des chiffonniers pour défendre leur place, espèrent voir la progéniture hériter de leur chance de salariés, pleurent à l’idée de perdre leur situation, souhaitent la mort des patrons qui les licencient...
 
Pour ces animaux l’emploi représente tout.
 
L’unique salut qu’ils reconnaissent est l’accès au mode de vie standard mettant à l'abri des privations matérielles superflues. Le chômage est leur enfer, le salaire la récompense suprême de leur existence de minus.
 
La sainte paye, endorphine mensuelle permettant de combler les rêves matérialistes les plus ineptes : rembourser quelque ignoble maison Phénix, partir en vacances chaque été, ne jamais manquer de canapés, de vérandas, d’automobiles lustrées, renouveler régulièrement portables, télévisions, i-pad, remplir quotidiennement le frigo de bidoche, de yaourts, de coca-cola...
 
Ils prennent tellement au sérieux la religion qui les engraisse qu’ils se suicident dès la trahison de l'employeur, la fermeture de l'entreprise ou la perte de clients. Incapables de vivre hors des auges, ils préfèrent la mort au déshonneur.
 
Ils ont leurs héros, leurs martyrs, leurs cathédrales et leur Verdun : FLORANGE, MOULINEX, RENAULT, MARC THIBAULT...
 
Ces noms gravés dans les coeurs assoiffés de justice consumériste, inscrits sur les frontons de la conscience dupontesque sont désormais entrés dans l’Histoire des minables.

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108 - La rayure


Bertrand Lefort est un brave type, ni pire ni meilleur qu'un autre.

Une situation stable, marié depuis 20 ans à une femme qui lui a donné trois beaux enfants, monsieur Lefort est un homme heureux et sans histoire.

Sauf qu'une rayure est apparue sur sa voiture il y a cinq jours. Certes c'est une minuscule, insignifiante, invisible rayure à laquelle il est confronté. Mais tout de même, c'est une sale, méchante rayure sur l'aile de sa belle voiture rouge qui l'empêche de dormir depuis cinq jours. Une ombre bien légère dans sa vie qui devrait s'estomper avec le temps... Une ombre qui malheureusement grossit, s'étend, prend de l'ampleur, obscurcit ses jours, blanchit ses nuits. C'est que Bertrand Lefort entretient une relation privilégiée avec son véhicule de série, comme la plupart de ses semblables ayant parié sur les valeurs palpables de ce monde. La rayure peu à peu devient sa bête noire.

Il en rêve.

Muni d'un double-décimètre, il a pris la mesure de la catastrophe : 14 centimètres.

Quel est l'abruti qui lui a rayé sa voiture sur 14 centimètres ? Quel est le fils de salaud qui a osé toucher à sa carrosserie ? Ha ! S'il le tenait ce bandit ! Bertrand Lefort pense qu'il l'étranglerait, cet assassin... Il le pense vraiment, la rage au coeur, les mains fébrile, le sang bouillonnant. Un homme qui raye l'aile d'une voiture achetée neuve et à crédit sur 24 mois, a-t-il le droit de vivre sous le soleil de la norme occidentale ?

La rayure au bout d'une semaine d'insomnie est un boa qui traverse de part en part son imagination perturbée. Matin, midi, soir, la rayure hante notre homme. Monsieur Lefort prend des calmants afin de retrouver le sommeil, en vain. Il ne mange plus. Obsédé par la rayure, il n'ose plus sortir son véhicule. Depuis l'incident il préfère prendre le train pour aller au travail. En attendant une solution, il a mis sa voiture à l'abri dans son garage. En sécurité.

Un suspect croisé dans le train a failli être agressé par l'offensé : monsieur Lefort voit des rayeurs de tôle partout. L'irréparable a été évité de justesse, grâce à l'intervention courageuse d'un contrôleur.

Après une grave dépression Monsieur Lefort s'est finalement racheté une nouvelle voiture et en quelques mois son état s'est amélioré.

Aujourd'hui il a retrouvé une vie stable, presque sereine, même s'il n'est plus le même homme. Désormais fragile, anxieux, des séquelles pour le restant de ses jours, Bertrand Lefort a contracté une assurance plus complète pour sa nouvelle voiture : il est couvert à cent pour cent en cas de rayure. La priorité : protéger sa voiture. Il a préféré se priver de sorties de week-end pour pouvoir se payer cette onéreuse mais essentielle assurance.

Le prix d'une paix retrouvée.



Qui est Raphaël Zacharie de IZARRA ?